Cinéma

Dimanche 22 octobre 2006
Je suis allé voir le film hier soir.
Pas de critique particulière, au contraire, il est plutôt bien fait pour ce qui est de l'action ou des inégalités qui y sont dénoncées.
Comme dans le film, on trouve à Nantes des anciens combattants algériens, tunisiens, ou marocains toujours hébergés en logements sociaux. Ils ont été invités par la municipalité et le journal "Presse Océan" à la projection du film, leurs réactions semblaient être en phase avec ce que retrace le film.


Le film se termine par un commentaire laconique sur la cristallisation des pensions en 1959 au moment de l'indépendance des pays colonisés.
Pour être tout à fait complet, il faudrait peut-être mentionner que ces pays s'étaient engagés à prendre en charge les pensions en question au moment de la décolonisation.
Mais si, depuis, ils se sont désengagés de leur parole (faute de moyens ?), c'est tout à l'honneur de notre pays de reprendre ses responsabilités pour rétablir une équité entre anciens combattants.

Deux films vont peut-être faire du bruit prochainement, ils concernent la guerre d'Algérie qui n'est pas encore beaucoup passée sur le grand écran.
Ce sont "Mon colonel" (sortie 15/11/06) et "L'ennemi intime".
Par Hervé
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Dimanche 29 octobre 2006
Je suis allé voir "Je vais bien, ne t'en fais pas" de Philppe Lioret.



Mélanie Laurent y est criante de vérité (éblouissante même, enfin pas tout le temps dans l'histoire, vous verrez).
Et Kad Merad est sidérant en rôle de père de famille rangé... et courageux.
Certains trouveront peut-être la chute simpliste, ça ne m'a pas du tout gêné, au contraire.

Courez-y ! :-)
Par Hervé
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Jeudi 2 novembre 2006
Ce film est vraiment très bien fait sous tout point de vue, et pourtant, en sortant de la salle, je me demandais pourquoi il avait obtenu la Palme d'Or à Cannes 2006 à l'unanimité. Il est en effet très différent des films célébrés par ce festival, esthétiquement par exemple, car celui-ci est assez dépouillé visuellement.



Peut-être que la raison se résume à l'écho que trouvent les événements du film dans le monde actuel, comme le dit Ken Loach : "Tout comme la guerre d'Espagne, ils représentent un moment crucial : comment une longue lutte pour l'indépendance peut être contrecarrée, au moment même où elle va aboutir, par un pouvoir colonial qui, tout en se débarrassant de son empire, sait parfaitement maintenir ses intérêts stratégiques. C'est là toute l'habileté de gens comme Churchill, Lloyd George, Birkenhead et les autres. Une fois coincés, quand il n'est plus vraiment dans leur intérêt de refuser l'indépendance, ils cherchent à diviser le pays. Ils soutiennent ceux qui, à l'intérieur du mouvement d'indépendance, acceptent que le pouvoir économique reste entre les mêmes mains (...) C'est une manipulation par le pouvoir central en place : des mouvements aux intérêts divergents s'unissent alors contre l'oppresseur commun. Inévitablement leurs intérêts contradictoires finissent un jour par éclater. Je suis certain que la situation est la même aujourd'hui dans un pays comme l'Irak, où la résistance aux Américains et aux Britanniques rassemble nombre de gens qui découvriront qu'en fait leurs intérêts divergent quand les Américains auront enfin été forcés de partir."  (source AlloCine.com).

Par Hervé
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Vendredi 24 novembre 2006
Philippe Noiret s'en est allé jeudi soir.

Je l'avais adoré dans ces films :


(Yves Robert - 1966)
(Bertrand Tavernier - 1973)
(Robert Enrico - 1976)

(Bertrand Tavernier - 1981)

(Giuseppe Tornatore - 1986)

(Bertrand Tavernier - 1990)

Les-Grabds-Ducs.jpg
(Patrice Leconte - 1996)



Ce qui était beau à l'écran, c'était à la fois sa douceur, sa générosité et ses colères !     
Dommage que ses films aient rencontré moins de succès ces dernières années, ou qu'il n'ait plus reçu de rôles à sa mesure.
Je l'avais entendu l'année dernière ou celle d'avant regretter aux infos qu'un certain jeunisme était de mise en ce moment dans le cinéma français.

Il avait été fait Chevalier de la Légion d'Honneur au 14 juillet dernier, décoration qu'il avait refusée plusieurs fois. « Les récompenses viennent du public plus que des sphères officielles » disait-il.

"Le vieux fusil" est diffusé dimanche 26 novembre à 20h30 sur France3.
"Coup de torchon" est diffusé mardi 28 novembre à 22h40 sur France2. 
Par Hervé
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Dimanche 25 février 2007
Je suis souvent bon public des Césars, de ces paillettes, remerciements, larmes et éclats de rire.
Et cette année, je suis comblé de voir que Kad Merad et Mélanie Laurent l'ont remporté dans les catégories "Meilleur second rôle masculin" et "Meilleur espoir féminin" pour le film "Je vais bien, ne t'en fais pas" que j'avais adoré.


Et puis, Pascale Ferran (réalisatrice de "Lady Chatterley") a lu un plaidoyer très fort en faveur des intermittents et du financement des films français, un texte si juste que je l'ai retranscrit ici (j'avais enregistré l'émission, merci la touche "pause" de la télécommande) :
 

"Nous sommes nombreux dans cette salle à être comédiens, techniciens ou réalisateurs de cinéma. C'est l'alliance de nos forces de nos talents et de nos singularités qui fabrique chaque film que produit le cinéma français. Par ailleurs, nous avons un statut commun, nous sommes intermittents du spectacle.

Certains d'entre nous sont indemnisés, d'autres non, soit parce qu'ils nous pas travaillé suffisamment, soit, à l'inverse, parce que leur salaire sont trop élevés pour être indemnisés dans les périodes non travaillées.

C'était un statut unique au monde. Pendant longtemps il était remarquable parce qu'il réussissait, tout en prenant en compte la spécificité de nos métiers, à atténuer un peu, un tout petit peu, la très grande disparité des revenus dans les milieux artistiques. C'était alors un système mutualisé, il produisait une forme très concrète de solidarité entre les différents acteurs de chaine de fabrication d'un film, et aussi entre les générations.

Depuis des années, le MEDEF s'acharne à mettre à mal ce statut, par tous les moyens possibles, à la philosophie qui a présidé à sa fondation. Aujourd'hui il y est presque arrivé, de réformes en nouveaux protocoles, il est arrivé à transformer un système mutualisé en un système capitalisé, et cela change tout.

Cela veut dire par exemple que le montant des indemnités n'est plus calculé sur la base de la fontion de son bénéficaire, mais exclusivement sur le montant de son salaire. Plus le salaire est haut, plus haut sera le montant de ces indemnités. Et on en arrive à une absurdité complète du système où, sous couvert de résorber un déficit, on exclut les plus pauvres pour mieux indemniser les plus riches.

Or, au même moment exactement, à un autre bout de la chaîne de fabrication des films, d'autres causes produisent les mêmes effets.

Je veux parler du système de financement des films qui aboutit d'un côté, à des films de plus en plus riches, et de l'autre, à des films extrêmement pauvres. Cette fracture est récente dans l'histoire du cinéma français. Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, ce qu'on appelait les films du milieu, justement parce qu'ils n'étaient ni très riches ni très pauvres, étaient même une marque de fabrique de ce que le cinéma français produit de meilleur.

Leurs auteurs, de Renoir à François Truffaut, de Jacques Becker à Alain Renais, avaient la plus haute opinion des spectateurs à qui ils s'adressaient et la plus grande ambition pour l'art cinématographique. Ils avaient aussi, bon an mal an, les moyens financiers de leurs ambitions.

Or ce sont ces films-là, ceux-là précisément, que le système de financement actuel, et en premier lieu les chaines de télévision, s'emploit très méthodiquement à faire disparaître. En assimilant les films à vocation artistique aux films pauvres et les films de divertissement aux films riches, en cloisonnant les deux catégories, en rendant quasi impossible pour un cinéaste d'aujourd'hui le passage d'une catégorie à une autre, le système trahit l'héritage des plus grands cinéastes français et leur volonté acharnée de ne jamais dissocier création cinématographique, point de vue personnel, et adresse au plus grand nombre.

Ce faisant, il défait, maille après maille, le goût des spectateurs, alors même que pendant des décennies le public français était considéré comme le plus curieux, le plus exigeant et le plus cinéphile du monde.

Ici comme ailleurs, la violence économique commence par tirer vers le bas le goût de public, puis cherche à nous opposer. Elle n'est pas loin d'y arriver.

Les deux systèmes de solidarité, entre les films eux-mêmes et entre ceux qui les font, ces deux systèmes qui faisaient tenir ensemble le cinéma français, sont au bord de la rupture. Alors peut-être est-il temps de nous réveiller.

Peut-être est-il temps de nous dire que notre amour individuel pour le cinéma, aussi puissant soit-il, n'y suffira pas. Peut-être est-il temps de se battre, très méthodiquement nous aussi, pour refonder des système de solidarité mis en mal et restaurer les conditions de production et de distribution de films qui, tout en donnant à voir la complexité du monde, allie ambition artistique et plaisir du spectacle.

Nous n'y arriverons pas bien sûr sans une forme de volonté politique d'où qu'elle vienne. Or, sur de tels sujets, force est de constater que celle-ci est désespérément muette.

Mais rassurons-nous, il reste 55 jours aux candidats à l'élection présidentielle pour oser prononcer le mot "culture"."


Par Hervé
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Dimanche 4 mars 2007
J'étais parti ce soir pour voir au Concorde à Nantes "Ne le dis à personne", mais la queue était déjà longue quand je suis arrivé devant cet excellent cinéma de quartier. Et cette séance a vite affiché complet, effet Césars 2007 oblige.

Je me suis volontiers rabattu sur "La vie des autres" qui relate la période des années 80 en R.D.A sous l'emprise de la police politique STASI : 100 000 emplois, 200 000 informateurs et un seul objectif, tout savoir.



Le film est très bien fait, il mérite amplement tous les prix qu'il a décroché en Europe et aux Oscars. Les acteurs sont très réalistes tout comme la retranscription de la vie en Allemagne de l'Est avant la chute du Mur.

Courez-y, il est aussi bon sinon meilleur (plus dramatique) que l'excellent "Good-bye Lenin".
Par Hervé
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Mardi 6 mars 2007
... que je suis allé voir le dernier film de Guillaume Canet.



Un seul mot me vient à l'esprit : maîtrise (du scénario, du jeu, des sentiments).
Les acteurs sont tous des bons, Cluzet et Berléan (tiens, le revoilà) les premiers.

Canet est un grand ! Il mérite largement son césar de Meilleur Réalisateur 2007.
C'est sport les tournages avec lui :



Par Hervé
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Samedi 10 mars 2007
Le dernier film d'Andre Téchiné revient sur les années 80 et l'apparition du sida.

Le sujet n'est pas facile, et le réalisateur le traite frontalement, à travers les relations homo entre les personnages de Michel Blanc, Sami Bouajila, Johan Libéreau.
Le jeu des acteurs est vraiment très juste, chapeau bas sur un tel sujet...



Au-délà de quelques scènes très crues qui sont un peu difficiles, le film rappelle que cette maladie reste une belle saloperie dont il faut se débarasser même si elle est moins présente dans les esprits dernièrement, qu'elle n'est toujours pas vaincue, que la guerre contre elle est toujours ouverte. Et qu'à défaut, il faut rester vigilants.
Par Hervé
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Lundi 12 mars 2007

L'histoire se déroule de nos jours dans une communauté maori en Nouvelle-Zélande.

Les habitants de ce village maori se réclament tous du même ancêtre, Paikea, qui arriva mille ans plus tôt juché sur le dos d'une baleine. A chaque nouvelle génération, un descendant mâle du chef reçoit ce titre qui fait de lui le leader et le gardien spirituel de cette petite communauté.

Le film dépeint l'histoire d'une adolescente, Paï,  petite-fille du chef maori Koro, mais dont le frère jumeau est mort à leur naissance.
Elle seule peut donc assurer le rôle de chef de la tribu, mais elle doit pour cela conquérir la confiance et les exigences de son grand-père, gardien des coutumes.

Les images sont somptueuses, et le scénario décrit très justement ces traditions et les difficultés rencontrées par Paï pour les contrer et s'imposer.
La scène finale du célèbre haka et de la mise à l'eau d'une pirogue est tout simplement splendide !

Le film date de 2003, il est sans doute difficile de le trouver en salle maintenant.
Par Hervé
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Mardi 24 juillet 2007

Persepolis.jpg
Evidemment, ce film n'est pas la comédie de l'été.

Lhistoire rel


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L'histoire relate l'enfance puis l'adolescence d'une jeune-fille iranienne de 1978 à nos jours, sous la chute du Chah, puis sous la République islamique en général, et sous le feu des huit ans de guerre contre l'Irak en particulier.

Marjane partira vivre en Europe durant son adolescence, où son existence sera plus en sécurité mais pas forcément beaucoup plus simple pour l'expatriée qu'elle est. Puis elle reviendra en Iran sous le régime des intégristes, de ses Comités Religieux et de sa police secrète.

Le ton est toujours juste et souvent désinvolte (surtout pour la grand-mère), ce qui allège beaucoup l'ambiance du film malgré les sujets graves abordés.
Bref, c'est un bon film qui mérite son succès au dernier Festival de Cannes.

Ici le regard critique d'une Iranienne ayant vécu dans l'Europe de l'Est.

Par Hervé
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