Le débat Bayrou-Royal pourrait avoir lieu samedi matin

Publié le par Hervé

PARIS (AP) - Le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou pourrait finalement bien avoir lieu samedi matin, sur RMC et BFM TV, a-t-on appris vendredi de sources concordantes. Canal+ et i>télé avaient renoncé jeudi à organiser ce débat.

A l'UDF, on expliquait vendredi qu'il n'y avait "rien de confirmé pour le moment". Dans l'entourage de la candidate socialiste, on précisait que le débat pourrait avoir lieu à 11h.

Selon une journaliste de BFM, Ségolène Royal et François Bayrou auraient donné leur accord pour que le débat se déroule, vraisemblablement en fin de matinée, dans un "lieu neutre", peut-être un hôtel parisien. Pour respecter les temps de parole des candidats, la chaîne annulerait la rediffusion d'un meeting de la candidate socialiste à Lyon, d'après elle.

Dans la matinée, Ségolène Royal avait réaffirmé sa volonté de débattre avec François Bayrou, dénonçant au passage les "méthodes d'un autre âge" de l'UMP, accusée d'avoir fait pression pour empêcher la tenue de ce débat. "Ces méthodes d'un autre âge n'auront pas le dessus et le débat aura lieu", avait déclaré la candidate socialiste à son arrivée à un forum avec la presse quotidienne régionale à Paris. "Ce débat aura lieu", a-t-elle répété à la sortie. "Personne ne me fera taire".

"Heureusement, il y a des médias qui ne subissent pas cette pression médiatico-financière. Il en reste", a-t-elle poursuivi, sans préciser de quels médias il s'agissait. "J'encourage tous les journalistes à résister aux pressions de toutes sortes. On ne voit ça dans aucun autre pays démocratique. C'est quand même tout à fait surprenant" et "cela en dit long sur ce qui se passe et sur ce qui se passerait" en cas de victoire du candidat UMP, a-t-elle ajouté.

La candidate a dénoncé un "système médiatico-financier auquel est lié Nicolas Sarkozy" et qui "a essayé de faire en sorte que ce débat n'existe pas". C'est "révélateur d'une certaine conception du pouvoir".

Pour Ségolène Royal, "les Français ne veulent pas que le pouvoir soit confisqué entre les mains de quelques groupes médiatiques liés aux puissances d'argent et liés un candidat. Je crois que ce n'est pas acceptable dans une démocratie".

Ce "complexe médiatico-financier a été dénoncé à juste titre par François Bayrou, parce que je crois que l'objectif c'était surtout de le faire taire, lui", a-t-elle déclaré. "Il faudra faire les réformes nécessaires pour mettre fin à cette concentration d'un pouvoir financier, industriel et médiatique pour que les journalistes soient libres".

Plus tôt dans la matinée, François Bayrou avait lui aussi accusé Nicolas Sarkozy et l'UMP d'avoir fait pression pour empêcher la tenue du débat. Des accusations rejetées par Nicolas Sarkozy, qui a jugé vendredi "insultant(es)" pour les journalistes et "blessant(es)" envers lui-même ces accusations.

Dans un communiqué publié vendredi, Richard Michel, PDG de la chaîne parlementaire LCP-Assemblée nationale qui avait à l'origine proposé de retransmettre la rencontre entre Mme Royal et M. Bayrou a fait marche arrière. "Aujourd'hui, étant donné que les recommandations du CSA portent aussi bien sur l'égalité du temps de parole que sur les conditions de programmation, la concrétisation audiovisuelle de cette rencontre, nous paraît en cette toute fin de semaine, complexe voire compromise", écrit-il. "Soucieux du pluralisme et de l'égalité de traitement des candidats, nous nous en tenons donc à la stricte application du cadre légal préconisé par le CSA", ajoute-t-il.

Dans un communiqué, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a démenti pour sa part "être intervenu auprès de Canal+ au sujet de ce débat dont l'organisation relève de l'entière responsabilité éditoriale de la chaîne". Il rappelle que "le principe d'égalité entre les candidats est imposé par un décret du 8 mars 2001". AP

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