A la pêche aux voix bretonnes, la suractivité de Nicolas Sarkozy

Publié le par Hervé

Petit retour sur la journée du 03 avril dernier à Lorient.

Tous les élus UMP de la région lorientaise en particulier et bretonne en général étaient en effervescence pour préparer la venue du tout nouveau ex-Ministre de l'Intérieur d'alors, le bien connu Nicolas Sarkozy.

Tout d'abord, une interrogation : mais pourquoi donc les élus de la région bretonne du premier parti politique de France se sont-ils donné rendez-vous à Lorient, certes si chère à mon coeur, mais disposant de capacités d'accueil bien moindres que Rennes avec son parc d'exposition MusikHall ?
La raison est simple : le propriétaire de hall d'exposition Musikhall de Rennes, excédé par les critiques continues de l'opposition UMP rennaise sur sa programmation, a simplement refusé l'organisation de tout meeting UMP dans ses murs (sic!). L'UMP a donc dû se rabattre sur le parc d'exposition de Lanester, près de Lorient, site alors le plus accessible pour les militants du grand Ouest.

Passé ce problème de salle, les élus UMP lorientais pouvaient se consacrer à l'organisation du meeting et à l'écriture de leur discours d'introduction au candidat.

Le jour de la visite, la candidat Nicolas Sarkozy commençait sa visite de la région par le centre national de rééducation de Kerpape sur la commune de Larmor-Plage.
Réaction du directeur général de la Mutualité Morbihan-Finistère (Le Télégramme du 04/04/07) : "La visite a duré une bonne heure. Nous avons surtout insisté sur les aspects insertion et innovation du centre. Il a semblé intéressé."
En retour, une déclaration du candidat sur l'activité du centre ? sur la mauvaise prise en charge de la réinsertion sociale des handicapés ? sur la situation des victimes de la route (soignés en grand nombre au centre national de rééducation de Kerpape). Non.

En fait, en attendant l'ouverture des grilles du meeting de Séglène Royal ce soir au Zénith de Nantes, je discutais avec une conseillère municipale PS lorientaise qui connait du personnel soignant à Kerpape.
Ces personnes ont été stupéfait par la personnalité du candidat, nerveuse à un point qu'on ne soupçonne pas au travers de médias. Nicolas Sarkozy ne regarde pas ses interlocuteurs quand il s'adresse à eux, tout préoccupé à sa sur-activité en tout sens. Des personnes soignantes plutôt de droite proches de cette militante élue lui ont même confié que leur candidat leur avait fait peur par sa nervosité. Et cet homme devrait présider à notre République ? Rassurant.

Autre exemple de cette sur-activité. Le journal "Le Télégramme" relate aussi la journée de la candidate locale aux prochaines élections législatives dans la 5ème circonscription, Maria Colas.

Elle disposait théoriquement de quatre petites minutes pour introduire le candidat au pupitre du meeting, au passage : confortable comme temps de parole :-( !  C'était son premier vrai discours national, un baptême de feu en quelque sorte. Une chance pour elle ? "Oui, répond-elle au journaliste, mon discours laissera peut-être des traces. J'ai la chance de participer à un meeting que je ne referai peut-être jamais. C'est l'occasion pour moi de me faire remarquer des militants." L'occasion de tracer son sillon ? C'est oublier le rouleau compresseur invité sur les lieux.

Il est 18h30. C'est parti. Un mot de Josselin de Rohan, sénateur du Morbihan (et surtout ex-Président de la Région Bretagne avant l'élection du socialiste Jean-Yves Le Drian, ancien maire de Lorient).
Quel écho va recevoir ensuite le discours de la candidate aux législatives ? 
Hélas, les trois quarts passent à la trappe. Le discours est réduit à peau de chagrin. Que s'est-il donc passé ?

Et bien oui, pour coller au timing du super candidat, "on" lui a demandé de faire plus court.
"Ils" n'ont pas commencé sans elle à son retour du centre de Kerpape, mais son discours n'aura pas marqué les esprits. Elle n'en aura pas eu le temps.

Tout ceci pour dépeindre le contact du candidat UMP : fébrile avec ses interlocuteurs, simples citoyens ou élus de son équipe, et qui se résume à une quête effrénée du pouvoir.

U-M-P : comme le dit très justement notre comique Laurent Gerra dans un de ses sketches : "Uniquement-Moi-Président" !

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