Sans-papiers: la directrice d'école maternelle du XIXe arrondissement de Paris interpellée remise en liberté

Publié le par Hervé

PARIS (AFP) - La directrice de l'école maternelle du XIXe arrondissement de Paris, placée en garde à vue vendredi matin après des incidents mardi devant son école lors de l'interpellation d'un sans-papiers, a été remise en liberté, a-t-on appris de source syndicale et auprès de manifestants sur place.

La directrice de l'école maternelle Rampal à Paris (XIXe) a été interpellée pour "outrage et dégradation de biens public en réunion", a-t-on précisé de même source. Elle a été placée en garde à vue au commissariat Erik-Satie du XIXe arrondissement.

Selon Brigitte Wieser, porte parole de RESF (Réseau Education sans frontières), des policiers avaient interpellé mardi vers 18H00 dans un café appelé "le petit Rampal", le grand-père chinois et sans papiers d'enfants scolarisés dans le groupe scolaire de la rue Rampal, tout proche.

Selon RESF, les policiers "n'avaient pas hésité à utiliser la violence physique et à asperger la rue de gaz lacrymogène pour disperser les parents qui s'opposaient à cette interpellation".


Le grand-père chinois, emmené mardi en fin d'après-midi au commissariat du IIè arrondissement, a été remis en liberté mercredi, a précisé RESF.
Selon un parent d'élève témoin des incidents de mardi, Gilles Dansart, "de nombreux parents de quatre écoles du quartier Belleville, situées rue Rampal et rue du Général-Lassalle, ont été alertés de l'arrivée de policiers vers 17h30". "Lundi soir, a-t-il ajouté, il y avait déjà eu une tentative d'arrestation devant l'école maternelle Rampal d'une dame venue chercher sa petite fille et les parents du quartier en avaient été choqués". "L'action des parents d'élève qui se sont opposés à l'interpellation du grand-père mardi, a ajouté ce parent, dépasse largement le cadre des sans-papiers: il y a, dit-il, des choses à respecter, les enfants, l'école".

Plusieurs parents dont les enfants ont eu à subir les jets de gaz lacrymogène mardi ont par ailleurs voulu déposer plainte vendredi matin au commissariat du XIXe qui les a renvoyés sur l'IGS (Inspection générale des services, la police des polices).
En conséquence, ces parents ont appelé à un rassemblement lundi matin devant l'IGS dans le XIIe arrondissement.

Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, a dénoncé vendredi à Lille cette interpellation. "Je suis réellement choqué, jamais on n'avait atteint un tel niveau. Déjà du gaz lacrymogène à l'entrée d'une école mais en plus une tentative d'intimidation manifeste !", s'est exclamé M. Aschieri, en marge du congrès de l'Unef, principal syndicat étudiant, à Lille.
"Le ministre de l'Intérieur doit dire les choses : on ne peut pas être candidat et dire qu'on respecte les enseignants et être ministre de l'Intérieur et couvrir ce type de chose", a ajouté le responsable de la principale fédération de l'Education.

Le secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, Gilles Moindrot et Faride Hamana, président de la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, se sont déclarés indignés.
"Je suis en route pour le commissariat. Nous estimons que c'est complètement inadmissible qu'une enseignante qui s'est préoccupée de ses enfants soit en garde à vue, on demande que cessent ces poursuites", a déclaré à l'AFP Gilles Moindrot. Il a expliqué que son syndicat intervenait auprès du ministre de l'Education et "appelle les collègues dans les écoles pour qu'ils se mobilisent ou se rendent devant le commissariat (où la directrice est en garde à vue)".

Le président de la FCPE s'est déclaré "indigné": "Je ne comprends pas qu'on arrive à ce genre de situation contre une directrice qui fait son travail", a déclaré M. Hamana.


Le président du syndicat étudiant Unef Bruno Julliard a qualifié vendredi d'"absolument scandaleux" la garde à vue de la directrice de l'école maternelle.
"C'est absolument scandaleux, cela nourrit ce climat sécuritaire de délation répressive qui devient insupportable" a déclaré à l'AFP le président du principal syndicat étudiant, lors de son congrès à Lille. "Sur le fond, c'est complètement inadmissible. L'outil répressif utilisé pour mener cette politique est condamnable" a ajouté le leader syndical.

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