Mardi 8 juillet 2008
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Aujourd'hui a été voté en première lecture à la majorité de 326 voix "Pour" (UMP et NC) et 222 voix "Contre" (opposition) le projet de loi de rénovation sur la démocratie sociale.
Ce projet de loi comporte, outre la réforme de représentativité modifiée des syndicats, un volet concernant le temps de travail, ajouté par le gouvernement en plus des accords signés entre patronat
et syndicats sur la rénovation de la démocratie sociale. Le temps de travail pourra être désormais négocié par entreprise, et non plus par branche professionnelle comme c'est le cas
actuellement.
Ce texte prévoit pour les salariés travaillant au temps forfaité à l'année, comme les cadres, un maximum de 235 jours au lieu de 218 actuellement.
Cela équivaut à une année pleine, en retirant 25 jours de congés annuels, les samedi et dimanche, et le 1er mai.
C'est donc la fin des RTT qui est prévu si le texte passe en l'état le vote au Sénat et le décret d'application. Ce texte a été voté en procédure dite "d'urgence", qui implique une seule lecture
par Chambre.
Le Medef en avait rêvé, le Président Sarkozy et le gouvernement Fillon l'ont fait.
Leurs partisans rétorqueront que le paiement des jours travaillés en plus sera majoré de 10%. Contre 25% pour les salariés actuellement aux 35 heures effectives et dont le temps de travail reste
comptabilitsé en heures.
C'est ça... "Travaillez plus pour gagner plus" qu'il disait.
Dire que 53% des Français ont gobé la couleuvre...
Cette réforme va à l'encontre des mesures nécessaires pour lutter contre le stress au travail, mesures que le gouvernement se dit prêt à étudier.
Elle va simplement contre le sentiment des cadres qui estiment à 86% que les RTT leur permettent d'équilibrer vie professionnelle et vie familiale (chiffre
CFDT-Cadres).
Concrètement, les cadres des grosses entreprises devraient maintenir un certain nombre de jours de repos compensateurs par le rapport de force de leurs représentants syndicaux. Mais les salariés
des petites entreprises ont autrement plus de soucis à se faire. Souvent, les instances représentatives ne sont pas présentes dans les petites structures, les négociations se feront alors
directement entre direction et salariés. En cas d'absence d'accord, la direction aura tout loisir d'appliquer la loi.
L'opposition a voté contre. Mais sans pour autant réagir comme cela a été le cas par exemple pour la réforme de la carte judiciaire. On se souvient de violentes passes d'armes entre les députés PS
et la Garde des Sceaux.
Résultat, les médias télévisés n'ont relevé que la ré-élection de Jean-Marc Ayrault à la tête du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale face à Arnaud Montebourg.
Cette modification à venir du Code du Travail a pourtant autrement plus d'impact sur nos vies professionnelles au quotidien. C'est bien triste de la part de l'opposition qui est actuellement
inexistante dans le pays.
Ségolène Royal aurait pu monter au créneau au journal télévisé de France 2, mais elle n'en a eu que pour son intervention à l'encontre du Président à propos de la libération d'Ingrid Betancourt
("elle ne répondait qu'aux journalistes sur place..."), et pour le cambriolage dont elle a été victime. Les voleurs cherchaient-ils des idées écrites dans son dernier livre ? Ils
en auront été pour leurs frais.
A chaque jour suffit sa peine, que nous réserve le gouvernement en place pour les jours à venir ?
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