Merci Simone Veil

Publié le par Hervé

J'ai passé une semaine difficile après la déclaration du President au dîner du Crif prévoyant le rattachement de chaque élève de CM2 à la mémoire d'un enfant mort de la Shoah.
Ce qui m'a le plus choqué, c'est la lourdeur du fardeau qu'on imposerait sans le consentement des parents à nos enfants (je suis parent, ça me touche donc particulièrement).
M. Sarkozy s'octroie donc seul le droit de mémoire et de travail de mémoire de millions de jeunes enfants, sans aucune concertation avec les historiens, anciens déportés, associations de parents d'élèves, milieux éducatifs.

Les réactions ont été très mitigées dans les jours qui ont suivi, allant de l'approbation de Serge Klarsfeld (dont on ne peut que saluer le combat d'une vie à pourchasser les nazis), au soutien par François Hollande, en passant par l'interrogation unanime de la presse, pour finir par l'indignation de personnalités comme Ségolène Royal, François Bayrou, Dominique de Villepin (tous trois d'ailleurs signataires d'un Appel républicain dans Marianne cette semaine).

Et puis enfin, une voix s'est clairement faite entendre hier soir, et pas des moindres, celle de Simone Veil.

Simone-Veil-Sarkozy.jpg

Ancienne déportée, Présidente d'honneur de la fondation pour la mémoire de la Shoah, ancien membre du Conseil Constitutionnel, elle était présente au dîner durant lequel le Président a annoncé cette mesure, et dit-elle, "Mon sang s'est glacé à la seconde".
Ses mots sont les plus durs à l'encontre de celui qu'elle a soutenu pendant la campagne (ce que je ne comprendrai jamais d'ailleurs) : "C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste. On ne peut pas infliger ça à des petits de dix ans, on ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort."

Du coup, les idées sont plus claires pour moi. Je ne suis donc pas qu'un anti-Sarkozy primaire. Ca conforte mon reflexe de sauvegarde que j'avais ressenti envers mes filles qui seront en CM2 dans quelques années.

Cet homme est donc un bargeot (dangereux ?), qui se doit de mêler continuellement l'émotion à tout ce qui l'entoure. Il nous promet déjà le salut du drapeau chaque matin par les écoliens de France et de navarre tout en réfutant qu'il s'agisse de nationalisme.
Tout comme dans ses allés et venues en tout sens au quotidien, il faut qu'il fasse savoir qu'il a toujours une idée ou une intention sur tout.

Pendant combien de temps le pays va-t-il réussir à le suivre ?
Ou plutôt, le pays n'est-il déjà pas largué, vu la dégringolade de l'élu dans les récents sondages d'opinion ?

Publié dans Politique

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DAMIEN 18/02/2008 23:04

Je suis Nantais, et je trouve votre blog formidable!Bravo, continuez ainsi!Damien

Eriam 17/02/2008 17:47

Même s'il revient sur sa première idée en suggérant que ce soit tout une classe qui soit porteuse de la mémoire d'un enfant, je n'adhère pas du tout à cette nouvelle lubie sarkozyste !Une mauvaise idée par jour et les autres n'ont qu'à se dépétrer avec un fatras de n'importe quoi !Je soupçonne Henri Guaino de participer activement à la baisse du président dans les sondages en écrivant ces "n'importe quoi" que NS ne prend pas le temps de relire ou fonce carrément dans le piège tendu. Sabotage !