Par Hervé
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Mardi matin, Julio, élève angolais, participe avec sa classe à une sortie scolaire. Au retour de cette sortie, en compagnie de trois de ses camarades étrangers, il croise des policiers de la
Police aux Frontières (PAF). Dans le cadre d'une grande journée de contrôles tous azimuts ordonnés par le Procureur à Rennes, ces policiers contrôlent deux des quatre élèves mais pas Julio.
Celui-ci intervient alors pour rassurer les policiers sur l'identité de ses camarades et il subit lui-même un contrôle d'identité. Malgré ses papiers de mineur en règle, il est alors embarqué
par les policiers et placé en garde à vue car ceux-ci pensent qu'il ment sur son âge.
C'est une première raison de la mobilisation de la communauté éducative du lycée Victor et Hélène Basch.
Il semble que la couleur noire des élèves ait été le principal critère de choix lors des contrôles d'identité. Trois autres élèves étrangers du lycée ont été contrôlés dans la même journée. Au
total, sept élèves contrôlés donc.
C'est une deuxième raison de la mobilisation de la communauté éducative du lycée Victor et Hélène Basch.
Julio est emmené chez le médecin pour subir des examens médicaux et il est emmené menotté.
C'est une troisième raison de la mobilisation de la communauté éducative du lycée Victor et Hélène Basch.
Julio subit ainsi trois examens médicaux visant à évaluer son âge : examen de la pilosité, examen des organes génitaux, examen des os.
C'est une quatrième raison de la mobilisation de la communauté éducative du lycée Victor et Hélène Basch.
Toujours menotté, Julio est ensuite emmené à son domicile qui est fouillé avec une certaine violence si l'on en croit notre élève.
C'est une cinquième raison de la mobilisation de la communauté éducative du lycée Victor et Hélène Basch.
Le lendemain, mercredi 5 mars…
Les trois examens médicaux, dont la marge d'erreur serait de plus ou moins deux ans par rapport à l'âge réel, concluent que Julio a plus de 18 ans.
Déclaré majeur, Julio fait maintenant l'objet d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière signé par le préfet d'Ille-et-Vilaine mercredi matin. Autrement dit, le préfet souhaite expulser
Julio de France pour le renvoyer de force vers l'Angola. Autrement dit, parce que des examens médicaux douteux disent qu'il n'est pas mineur, Julio ne sera plus notre élève et ne sera plus le
camarade de classe de nos élèves. C'est une sixième raison de révolte de la communauté éducative du lycée Victor et Hélène Basch.
Mercredi, à 11 heures 20, Julio est placé en rétention dans le centre de Saint Jacques de la Lande. Nous allons le visiter. Alors que chaque retenu a le droit de recevoir une visite pendant une
demi-heure, le temps de visite qui nous est accordé est arbitrairement diminué par les gendarmes sous prétexte qu'il y a beaucoup de monde à attendre pour les visites.
C'est une septième raison de la mobilisation de la communauté éducative du lycée Victor et Hélène Basch.
Jeudi 6 mars
A 14 h 30, Julio est présenté devant le Juge des Libertés et de la Détention qui doit juger la validité de la procédure d'interpellation et de la régularité de la mise en rétention tout en devant répondre à une demande préfectorale de prolongation de la rétention pendant 15 jours pour Julio. Une soixantaine de membres de la communauté éducative de Basch décident d'aller soutenir Julio à l'audience. Plusieurs centaines d'élèves prennent aussi la décision d'aller soutenir Julio à l'audience.
Longue plaidoirie de l'avocat : sur l'irrégularité de la procédure, sur l'intégration de Julio, sur le caractère douteux des examens médicaux... Chaque argument est contredit avec rigueur par le représentant de la préfecture. Le juge se retire pour délibérer. Longue attente.
A 16 heures 30, nous apprenons que le juge considère les examens médicaux attestant de la majorité de Julio comme suffisants. Le juge considère donc que Julio est bien majeur, qu'il est en
situation irrégulière (sans-papiers) et qu'il peut donc être maintenu en rétention pendant 15 jours supplémentaires, le temps que la préfecture d'Ille-et-Vilaine organise son expulsion.
C'est une huitième raison de la mobilisation de la communauté éducative du lycée Victor et Hélène Basch.
Mais rien n'est terminé : la mobilisation continue en soutien à notre élève!
1) L'avocat a fait de la décision du Juge des Libertés et de la Détention*. Cet appel (audience publique) sera jugé lundi: selon le résultat, Julio sera maintenu en rétention ou libéré.
2) L'arrêté préfectoral de reconduite à la frontière va faire l'objet d'un recours auprès du Tribunal Administratif, lundi 10 mars. Le juge administratif va juger la validité de la procédure
d'expulsion de Julio. Il peut prendre trois décisions
- Annuler l'arrêté préfectoral de reconduite à la frontière : dans ce cas, Julio sera immédiatement libéré.
- Valider l'arrêté mais casser le pays de renvoi (l'Angola) de Julio : en clair, le juge dit que Julio est bien expulsable mais pas vers l'Angola. Dans ce cas, Julio sera libéré mais n'aura pas
de situation régulière sur le territoire français.
- Valider l'arrêté et le pays de renvoi : dans ce cas, Julio deviendra immédiatement expulsable.
Le juge prendra sa décision le jour de l'audience au tribunal administratif.
Lundi 10 mars, jour du jugement : rassemblement à partir de 11 heures devant le Tribunal Administratif, 3 rue Contour de la Motte, en face de la Piscine Saint-Georges à
Rennes.
Aura sans doute lieu, toujours lundi 10 mars, un rassemblement place du Parlement de Bretagne à l’occasion du recours fait par Julio contre la décision du Juge des Libertés et de la Détention,
décision prise jeudi après-midi.
• La Communauté éducative du lycée Victor et Hélène Basch •
J'ai passé une semaine difficile après la déclaration du President au dîner du Crif prévoyant le rattachement de chaque élève de CM2 à la mémoire d'un enfant mort de la Shoah.
Ce qui m'a le plus choqué, c'est la lourdeur du fardeau qu'on imposerait sans le consentement des parents à nos enfants (je suis parent, ça me touche donc particulièrement).
M. Sarkozy s'octroie donc seul le droit de mémoire et de travail de mémoire de millions de jeunes enfants, sans aucune concertation avec les historiens, anciens déportés, associations de parents
d'élèves, milieux éducatifs.
Les réactions ont été très mitigées dans les jours qui ont suivi, allant de l'approbation de Serge Klarsfeld (dont on ne peut que saluer le combat d'une vie à pourchasser les nazis), au soutien
par François Hollande, en passant par l'interrogation unanime de la presse, pour finir par l'indignation de personnalités comme Ségolène Royal, François Bayrou, Dominique de Villepin (tous trois
d'ailleurs signataires d'un Appel républicain dans Marianne cette semaine).
Et puis enfin, une voix s'est clairement faite entendre hier soir, et pas des moindres, celle de Simone Veil.
Ancienne déportée, Présidente d'honneur de la fondation pour la mémoire de la Shoah, ancien membre du Conseil Constitutionnel, elle était présente au dîner durant lequel le Président a annoncé
cette mesure, et dit-elle, "Mon sang s'est glacé à la seconde".
Ses mots sont les plus durs à l'encontre de celui qu'elle a soutenu pendant la campagne (ce que je ne comprendrai jamais d'ailleurs) : "C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et,
surtout, injuste. On ne peut pas infliger ça à des petits de dix ans, on ne peut pas demander à un enfant de s’identifier à un enfant mort."
Du coup, les idées sont plus claires pour moi. Je ne suis donc pas qu'un anti-Sarkozy primaire. Ca conforte mon reflexe de sauvegarde que j'avais ressenti envers mes filles qui seront en CM2 dans
quelques années.
Cet homme est donc un bargeot (dangereux ?), qui se doit de mêler continuellement l'émotion à tout ce qui l'entoure. Il nous promet déjà le salut du drapeau chaque matin par les écoliens de
France et de navarre tout en réfutant qu'il s'agisse de nationalisme.
Tout comme dans ses allés et venues en tout sens au quotidien, il faut qu'il fasse savoir qu'il a toujours une idée ou une intention sur tout.
Pendant combien de temps le pays va-t-il réussir à le suivre ?
Ou plutôt, le pays n'est-il déjà pas largué, vu la dégringolade de l'élu dans les récents sondages d'opinion ?
Le Canard Enchainé le rapporte, Christian Estrosi voulait à la fois être présent à un pot donné à l'Elysée le 23 janvier dernier au soir, et à New-York pour le classement au patrimoine de
l'Unesco du lagon de Nouvelle-Calédonie.
Pas de vol sur Air-France disponible en soirée ?
Qu'à cela ne tienne, le gouvernement a loué un Falcon pour amener le Secrétaire d'Etat à bon port.
Coût pour le contribuable : 138 000€. Ca fait cher de l'olive et du pastaga !!!
"Pas grave Christian, les caisses sont vides, mais que ne ferait-on pas pour ziiii apéro avec les potes !!!"
On peut apercevoir cet épitaphe sur le site de sa campagne électorale pour l'élection municipale de Nice : www.estrosi2008.fr
D'ailleurs au retour, l'avion a même fait un détour, car Christian Estrosi avait un rendez-vous important à Nice pour sa campagne électorale. Et devinez avec qui : Nicolas Hulot.
Je doute qu'ils aient parlé du bilan carbone de l'escapade new-yorkaise du candidat.
Dix-sept personnalités russes, dont le champion d'échecs Garry Kasparov et l'ex-dissident Vladimir Boukovski, ont réclamé, mardi 5 février, l'hospitalisation de l'ex-vice-président de Ioukos,
Vassili Alexanian. "Nous exigeons que les autorités russes exécutent sans délai les décisions de la Cour européenne des droits de l'homme concernant l'hospitalisation de Vassili Aleksanian
dans un établissement spécialisé", écrivent les signataires.
AFP.
arte diffusait également ce soir un reportage sur l'incroyable prise de pouvoir du Kremlin sur la société Ioukos, et comment son jeune PDG, Mikhail Khodorkovsky, a lui aussi été jeté en
prison sur des faits leur étant reprochés sur la base de vide juridique à l'effondrement de l'empire soviétique. Tout ça pour assoir un peu plus l'égémonie du géant Gazprom (représentant
actuellement 20% de la production mondiale de gaz).
Un article paru hier dans Le
Monde sur le référé du couple Sarkozy-Bruny contre RyanAir à propos d'une publicité utilisant un des milliers de clichés pris pendant leur déplacement privé en Jordanie.
A part ça, le couple s'est marié ce matin dans le Palais de l'Elysée.
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